Située au cœur de Lyon et de Bourg-en-Bresse, l’Université Jean Moulin offre un espace d’apprentissage et de recherche centré sur les sciences humaines et sociales. Avec 7 écoles doctorales et 19 unités de recherche, elle développe une recherche interdisciplinaire, en lien avec les grandes questions de société.
Membre de l’Université de Lyon, elle accueille plus de 28 000 étudiants et propose un large éventail de formations du BUT au doctorat dans un cadre d’études de qualité. Ouverte sur l’Europe et sur le monde, l’Université Jean Moulin développe des actions de coopération pédagogique et scientifique sur les 5 continents. Favoriser l’égalité des chances en respectant les différences constitue son ambition première, convaincue que la diversité et les spécificités sont une richesse et que chacun d’entre nous est défini par ses différences.
Le poste s’inscrit dans le cadre du projet « FORESEE », dont l’Université Jean Moulin Lyon 3 est partenaire. La personne recrutée sera mobilisée sur l’axe 3 du projet, consacré aux (in)égalités et (in)justices climatiques et aux défis au contrat social. Elle contribuera plus précisément au projet sur « L'expression de l'insupportable et de l'intolérable » porté par Isabelle Delpla, en collaboration avec Edouard Leaune.
Résumé du projet : Il existe des normes nationales et internationales de l’insupportable et de l’intolérable, y compris dans les violences extrêmes. Qualifier des atrocités de “génocide” exprime, de nos jours, une condamnation morale, juridique et politique dans un langage universellement compris et mobilisable. De telle normes font défaut dans le domaine du changement climatique, où les catégories d’écocide ou de postéricide ou autres termes analogues ne sont pas passés dans l’usage.Pourtant le nombre de victimes attribuables au changement climatique est en augmentation et il y a, d’ores et déjà, des données robustes attestant une corrélation entre augmentation des températures et augmentation des troubles mentaux, dont les taux de suicide. Ce phénomène est encore mal connu et mal expliqué, mais il pose la question du manque d’un vocabulaire ou d’un point de référence pour dire un intolérable individuel ou collectif. On s’attachera notamment à déterminer si le facteur est la canicule en tant que telle ou la place de la canicule dans un continuum avec les sècheresses et incendies.Dans une attention aux déterminants sociaux de la santé mentale, l’analyse combinera philosophie, psychiatrie et sciences sociales de terrain.
On vise à analyser le langage ordinaire des évaluations du changement climatique et les expressions de l’insupportable et de l’intolérable, sans préjuger de leur catégorisation affective ou médicale (troubles mentaux, voire suicide), politique (choix électoraux), sociale (repli ou mobilisations solidaires), existentielles ou de choix de vie (déménagement ou engagement).
Description, enjeux, résultats et impacts scientifiques sociétaux et/ou économiques escomptés :
Le projet vise à explorer le caractère multidimensionnel, et relativement dépourvu de normes reconnues, du sentiment et de l’expression de l’insupportable et de l’intolérable face aux conséquences du changement climatique, ne permettant pas de distinguer ce qui ne peut pas être supporté et ce qui ne doit pas l’être. Ce caractère multidimensionnel s’étend des limites physiques (une chaleur insupportable) à des limites morales, existentielles ou politiques.
Le premier but est donc de contribuer à un langage de la morale, voire de la justice, des conséquences du changement climatique à des échelles locales, peu usuelles dans le développement des théories de la justice climatique, d’avantage axées sur des échelles internationales et sur les causes plutôt que sur les conséquences des CC.
Le deuxième but est de contribuer à une meilleure caractérisation des affects et troubles mentaux face au changement climatique, trop vite enfermés dans la catégorie d’éco-anxiété, peu pertinente car trop limitée à une anxiété envers le futur (au détriment de l’effroi, de l’accablement…) et supposant une conscience écologique.
On vise une meilleure compréhension de l’impact des changements climatiques sur la santé mentale des agriculteurs, catégorie socio-professionnelle connaissant un plus fort risque de suicide et une plus grande exposition au CC. Cette combinaison de risque est aujourd’hui largement méconnue, les études sur l’impact négatif du changement climatique sur la santé mentale des agriculteurs négligeant les aspects de justice sociale et les déterminants sociaux ou ‘climatiques’ de la santé mentale.
Le troisième but est méthodologique : il s’agira de parvenir à des dispositifs d’enquêtes novateurs sur la perception de l’intolérable, combinant les approches conceptuelles de la philosophie, les méthodes de spatialisation de la géographie sociale, celles de la psychopathologie et de la linguistique, afin de nourrir l’observatoire des inégalités climatiques et la mise en place de cartes participatives.
Activités principales
- Contribution à l’élaboration d’une méthodologie d’enquête adapté (voir supra)
- Réalisation d’enquêtes de terrain sur les lieux choisis :
en priorité les parties de l’Aude touchées par les incendies de l’été 2025 et/ou par l’enchainement sècheresses, canicules, incendies, inondations, tempêtes…
Des entretiens ou observations seront à réaliser avec des sinistrés, des personnes représentatives ou médiatrices (maires, médecins, présidents d’associations, etc.), des élus municipaux et services de secours (pompiers, etc.)
- Mise à disposition des données de terrain (transcripts d’entretiens, de cartes mentales et cartes sensibles)
- Analyse des données obtenues
- Travail en équipe avec les chercheurs Foresee, notamment basés sur Lyon3 (EC, IG, post-doc)
- Contribution à l’observatoire des inégalités
- Rédaction d’’un rapport et/ou de publications scientifiques
- Contribution à des activités de restitution et de médiations scientifiques ; à des échanges et débats publics auprès des acteurs concernés (Service de l’État dans le département de l’Aude, PNR Corbières Fenouillèdes, communes touchées par les incendies, associations locales)
Activités associées
- Poursuivre le travail entrepris sur les élections municipales de 2026 dans l’Aude lors des campagnes présidentielles et législatives de 2027
- Contribuer au développement de formations : personnels de santé, élus municipaux, responsables de la communication, …
- Contribuer à une meilleure prise en charge des troubles mentaux associés au CC
Connaissances :
Connaissance en priorité d’au moins deux des domaines suivants :
Théories du changement climatique ; théories des inégalités et de la justice environnementale et de la justice climatique ; théories des inégalités de santé et de la justice en santé ; notions de géographie cognitive (perceptions et représentations des espaces et des risques).
Savoir-faire :
- Bonnes compétences rédactionnelles
Maitrise des méthodes de terrain (enquête par entretiens, observation participante, parcours commenté, usage de cartes mentales, cartes sensibles, cartes participatives…)
Savoir-Etre :
- Capacité à mener des recherches dans une équipe interdisciplinaire réunissant philosophes, psychiatres, géographes, linguistes
Capacité à s’adapter à différents contextes sociogéographiques de terrain
Spécificités et contraintes du poste :
Maîtrise de l’anglais (écrit, oral)
Déplacements sur le terrain (Aude et environs de Lyon)
Déplacements ponctuels à Grenoble et Lille sur les événements organisés par FORESEE
Date de prise de poste : 01/09/2026
Temps de travail hebdomadaire : 37H05
Contrat et durée : CDD 12 mois
Filière / Grade : Catégorie A
Rémunération mensuelle brute : INM 570 soit 2944€
Dossier de candidature
Votre dossier devra comprendre les pièces suivantes :
À joindre directement à votre candidature :
Lettre de motivation de 3 pages environ indiquant comment le ou la candidat.e s’inscrira dans le projet et déploiera les missions
Un curriculum vitae
À transmettre par e-mail à isabelle.delpla@univ-lyon3.fr et nadege.lala@univ-lyon3.fr :
Liste de vos travaux scientifiques
Thèse
Rapport de soutenance de thèse
Une publication significative (publiée ou sous presse)
⚠️ Important : l'ensemble de ces documents doit être regroupé en un seul fichier PDF, nommé selon le format suivant : Nom Prénom – (objet)
Pourquoi travailler à l'université Jean Moulin Lyon 3 ?
• Télétravail jusqu’à 2,5 jours par semaine en fonction des nécessités de service possible après 6 mois
d’ancienneté (avec indemnités à hauteur de 2,88 euros par jour télétravaillés, plafonné à 220 euros par an)
• Organisation possible de la semaine (37h05) sur 5 jours ou 4,5 jours
• Un accompagnement personnalisé des parcours professionnels : formation, préparation concours et
évolution professionnelle.
• Restauration sur place avec participation financière de l’établissement.
• Emplacement de parking gratuit sur site (voiture + vélo).
• Participation de l’établissement aux abonnements de transport en commun
• Participation de l’établissement à la complémentaire santé
• Nombreuses activités sportives et culturelles organisées sur place pour le personnel
(Sports : participation pour accéder à toutes les activités 36€ par an).
• Avantages sociaux : aide périscolaire, chèques vacances, et CESU.